mardi 9 février 2010

Who Dat Nation

On a gagné!


L'information vous aura peut-être échappé, mais notre nouveau maire est Mitch Landrieu, un héritier démocrate blanc élu samedi dernier au premier tour avec 66% des voix (?!). Finalement, ce ne sera pas Brad Pitt.


En revanche, vous aurez certainement eu vent de la victoire belle, large, géniale et historique des Saints au Superbowl dimanche soir à Miami. La première finale de l'équipe (43 ans d'existence) marque également sa consécration suprême.
Comme souvent, on a eu des suées froides au début du match avec des passes ratées et une défense molle face à l'attaque fulgurante des Colts, aussi bien en rush (course à travers la ligne de défense) qu'en passing (passe au-dessus de la ligne de défense).
Le troisième quarter a vu les Saints revenir à leur meilleur, en stratégie comme en précision. Avec un touchdown de retard, les Colts devaient absolument marquer avant la fin du temps réglementaire. A trois minutes de la fin, alors que les Colts ne sont qu' à 30 yards de notre ligne, le défenseur Porter fait une interception géniale et part marquer après une course de 70 yards! Pan, 7 points dans les dents! Le match cloué, comme ça, en 5 secondes.



Le football ne ressemble à rien d'autre. C'est tellement intelligent, rapide, changeant: un groupe d'hommes soudés qui bondit comme un tigre suivant un plan de général d'empire. Le général est Sean Payton, le coach, qui est en fait un joueur à part entière: il communique par radio avec son quatreback, Drew Brees (N°9) pour organiser chaque attaque du jeu (pour les règles, c'est par ici).

Le match de demi-finale contre les Vikings du Minnesota était encore plus tendu que la finale: l'enjeu était d'atteindre Superbowl, ce qui n'était jamais arrivé aux Saints. La partie a été extrêmement serrée jusqu'au bout: encore une fois, c'est une interception de Porter qui nous a sauvés à 7 secondes de la fin du match. Les Vikings étaient à 40 yards de notre end zone, ce qui leur permettait de marquer un field goal (ballon envoyé au pied entre les poteaux de l'équipe adverse).



Nous avions déjà évoqué la folie du foot depuis le début de la saison. La ville n'est plus la même. Brees est un dieu et le Superdome est son temple. Il a remporté le titre de MVP, Most Valuable Player de la saison. De "We Deserve Dat" en passant par "Who Dat Nation" et "LouBreesiana", chacun y va de son tee-shirt ou de son affiche. Aujourd'hui, nous avions droit à une parade exceptionnelle pour le carnaval: la Saints Parade. Annoncée depuis une dizaine de jours, avant même la victoire en finale, elle servait à montrer la reconnaissance du peuple de New Orleans pour les joueurs de l'équipe. Pour l'occasion, mon école fermait à midi et nous avons pu y aller avec les filles. Chaque grande parade traditionnelle a prêté un char pour et les joueurs jetaient des colliers à la foule. C'était phénoménal. Encore plus gros qu'une parade de Mardi Gras. D'ailleurs, ce jour marquera pour longtemps les mémoires des habitants de la ville. Chacun sent la fierté rendue, la communion noir et or, l'attention des joueurs pour les souffrances endurées. On l'appelle déjà Dat Tuesday (référence à Fat Tuesday la semaine prochaine) à Lombrdi Gras (la coupe du Superbowl est la Lombardi Cup).

Nous avons pu faire quelques photos dans la marée humaine qui se pressait Downtown. On a même aperçu le char de Brees et Payton! Attention, c'est rapide!

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samedi 6 février 2010

Emploi du temps de ministre

Je vous parle d'un temps
que les gens sans enfants
ne peuvent pas connaître.

Nous devions travailler
Pour gagner notre pain
Du matin jusqu'au soir.

Mais la journée finie
Les enfants tour à tour
Nous nous occupaient la tête.

Nous courions ventre à terre
De l'école au soccer
Pour la session du soir.


La semaine, la semaine, ça voulait dire: "j'ai pas le temps!"

La semaine, la semaine, nous rêvions d'une fille au pair.


Puis après l'entraînement
Dans les embouteillages
Il fallait repartir

Prépare le dîner,
Administrer le bain
Et lire l'histoire du soir.

Quand les lumières éteinte
on prenait cinq minutes
pour se vider la tête

Bientôt les corrections
Et autres obligations
Nous tiraient du repos.


la semaine, la semaine, ça voulait dire: "vivement dimanche!"

La semaine, la semaine on ne pensait qu'à l'oreiller.


Et si l'on décidait
De reprendre ce livre
Qui nous charmait l'esprit

Nos paupières trop lourdes
Se fermaient sur des yeux
Trop épuisés pour lire.

Et pourtant d'autres jour
On repartait dare dare
pour remplir le frigo

La leçon de piano
La leçon de guitare
Les cours à UNO!


La semaine, la semaine, ça voulait dire: "j'veux un prozac"

La semaine, la semaine, elle est finie hourra, youpi!



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dimanche 24 janvier 2010

Jours sombres sur Washington

Quand les Américains ont décidé d'être décevants, ils ne font pas les choses à moitié. Tels Louis XVI trahissant la Nation, ils portent haut l'espoir avant de l'accabler.

Je m'explique.

L'an dernier, nous frissonnions devant le discours d'investiture du premier président noir des Etats-Unis. Aujourd'hui, nous découvrons à quel point ce symbole manquait de consistance, comment la matière du pays lui fait résistance, démentant chaque jour les élans progressistes de l'ère Obama. Comme si, effrayés par leur propre audace, les Américains se renfermaient plus encore sur leurs petites certitudes.
Première nouvelle mardi: le siège de sénateur laissé vacant par feu Ted Kennedy est remporté, dans le Massachussetts, par un Républicain. La majorité démocrate n'est plus assurée, la réforme du système de santé a toutes les chances de tomber à l'eau. En effet, les Républicains font tout pour faire capoter le projet, arguant qu'avoir le système de santé le plus coûteux et inefficace des pays développés n'est pas un problème: "on n'a de leçon à recevoir de personne!" Faire échouer Obama est devenu leur seul horizon politique, leur Graal. Ils sont poussés, galvanisés, menacés même par les médias tels que Fox qui mènent une campagne à charge et en continu. Leur McCarthy n'est pas un sénateur: c'est Rush Limbaug, le présentateur le plus influent des médias américains. En outre, ces mêmes incapables qui pendant 8 ans ont préparé et provoqué la crise, accusent le président de ne pas faire assez pour créer des emplois.
L'autre nouvelle, tombée jeudi, vient de la Cour Suprême. Cette merveilleuse troisième branche du gouvernement, inventée par le très inspiré James Madison, a vendu le pays aux grandes entreprises. Considérant que le premier amendement sur la liberté d'expression n'était pas respecté, elle a décidé d'autoriser les entreprises à dépenser autant d'argent qu'elles le souhaitent en publicités politiques. Rien n'empêche plus le big buisness d'investir des millions pour flinguer un candidat, qu'il se présente aux élections municipales, législatives ou présidentielles. C'est le chant du cygne d'une grande démocratie.
Pour nous, cette déferlante de bêtise et de cynisme rend encore plus complexe le choix de rester. Certes la France n'est pas jolie à voir; avec sa royauté élective, sa morosité congénitale, sa xénophobie grandissante. Au moins sommes-nous certains d'y trouver un peuple conscient...

Reste le bon temps, la musique et le soleil: nous allons probablement continuer à danser au bord du précipice, comme ces 300000000 de tristes fêtards, enivrés de richesse, repus d'ignorance, trop soucieux de croissance pour embrasser le progrès.

Et puis ce soir, les Saints jouent en demi-finale!

vendredi 15 janvier 2010

Cadiens


"Mon garçon, t'es joliment jeune. Ti connais pas encore que les Amaricains aimont beaucoup plusse les cocodris que les Cadjins. Ein cocodri, ça compte pour quèque choge à Washington. Mais ein Cadjin? Y z'ont jamais attendu parler de nous-aut'. Y diriont: «Ein Cadjin, quoi c'est ça?» Y semble que la dernière fois la compteuse de monde a pris le mauvais chemin par accident et elle a arrivée drète devant ma cabane à moi. Alle était tout surprise! A m'a dit: «Qu'est-ce que vous faites là?» J'ai dit: «Madame, j'sus après piocher dans mon jardin.» Alle a sorti sa liste de questions. A dit: «Est-ce que vous êtes américain?» «Ben non, j'y ai dit. Les Amaricains, ça reste au nord des Avoyelles, pis dans les aut' États, pas par icitte.» Alle était tout contente. A dit: «Que c'est magnifique! J'ai découvert une minorité." [...]

par David-Émile Marcantel de Radio-Louisiane


Elfi

samedi 9 janvier 2010

Québec City et Montréal

Notre voyage au Québéc s'est achevé par deux étapes en ville. Nous avons fait un peu de magazinage, pas mal de patin et beaucoup de photos...

Du haut de sa colline, Québec prend parfois des faux airs de Paris.


La glissade en plus...


Pas de Pont-Neuf sur le fleuve...


Les vieilles places n'ont pas de fontaine.


Les usines jouent à cache-cache.


La patinoire est gratuite...


Elle donne sur la Porte Saint-Jean.


Celle de Montréal est beaucoup plus grande.


En été, on ne peut pas patiner...


Mais nous, on en profite.


Et les pigeons aussi.


Aurevoir Québec! Et bonne année!